France Télécom s'allège et passe à l'Orange
L'opérateur historique indique vouloir supprimer 17 000 postes dans le monde d'ici à 2008. Dès cette année, il n'utilisera plus qu'une seule marque, Orange.
Guillaume Deleurence , source 01net.
Au vu de son chiffre d'affaires 2005 de 49 milliards d'euros, en croissance de 2,5 % en un an, et de son résultat net de 5,7 milliards - le meilleur depuis sa création -, on ne peut pas dire que France Télécom se porte particulièrement mal.
Malgré cela, l'opérateur a décidé d'accélérer sa restructuration et sa transformation. Soumis à une forte pression concurrentielle (dégroupage total, voix sur IP « qui décolle plus vite que prévu », selon le PDG, Didier Lombard), surtout dans ses frontières d'origine, France Télécom veut réaliser deux fois plus vite que prévu le plan « Next », qui entre en oeuvre dès 2006. Au programme : pilotage resserré de l'entreprise, « gestion intégrée des activités » dans tous les pays, lancement rapide de nouveaux produits et transformation en profondeur des structures du groupe.
Sur ce dernier point, France Télécom va supprimer, d'ici à 2008, 17 000 postes dans le monde - soit 8 à 10 % des effectifs globaux, selon l'AFP -, a priori sans licenciements secs (départs volontaires, retraites...), dont 16 000 dans l'Hexagone. Le groupe table sur 22 000 départs naturels en France entre 2006 et 2008, que viendront compenser 6 000 embauches sur des « métiers clés », ceux directement liés au plan Next.
Le Technocentre au coeur de la transformation du groupe
Autre ambition : améliorer l'efficacité du marketing. La décision la plus remarquable, à ce sujet, est l'instauration dès cette année d'Orange comme marque commerciale unique de l'entreprise. France Télécom restera le nom du groupe, mais Wanadoo et les autres enseignes passeront sous bannière et logo de ce qui était jusqu'à présent la marque de téléphonie mobile. Ce faisant, l'opérateur veut montrer qu'il va jouer pleinement la carte de la convergence, entre réseaux fixes et mobiles. Une convergence à laquelle travaillera précisément le Technocentre, « une première dans le monde des télécoms », selon Didier Lombard.
Cette nouvelle structure, qui regroupe des équipes marketing, recherche et réseaux, et systèmes d'informations, aura pour mission de concevoir « le bon produit, au bon moment, dans le bon pays ». France Télécom indique qu'il emploie déjà 300 personnes réunies dans les mêmes locaux, travaillant à distance avec 1500 personnes dédiées et 15 000 développeurs ponctuels. Le Technocentre est à l'origine des nouveaux produits qui sortiront cette année, comme la voix sur IP haute qualité, attendue pour le printemps.
- Le chiffre d'affaires global 2005 du groupe s'élève à 49,038 milliards d'euros, en croissance de 2,5 %.
- Le chiffre d'affaires mobiles atteint 23,53 milliards d'euros (+ 14 %).
- Le chiffre d'affaires résidentiel (voix, ADSL) atteint 22,53 milliards d'euros, en baisse de 1,2 %, du fait de la régression de la téléphonie classique en France et en Pologne.
- Le chiffre d'affaires entreprise atteint 7,785 milliards d'euros, en recul de 5,4 %, là aussi, à cause de la baisse de la téléphonie fixe en France.
- Le chiffre d'affaires annuaires croît de 6 %, à 1,06 milliard.
- Résultat net : 5,7 milliards d'euros (contre 3 milliards en 2004).
- Endettement : 47,846 milliards d'euros au 31 décembre 2005.


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