Le Mondial de rugby menacé de boycott sur la Toile
Les grandes agences de presse ont entamé un bras de fer avec les instances internationales de l'Ovalie. En cause : la limitation du nombre de photos qu'elles ont le droit de publier en ligne.
Source site 01 Net
|
Cela ne tourne pas rond dans le monde du ballon ovale. A l'heure où commence la Coupe du monde de rugby 2007, les principales agences de presse mondiales, comme l'AFP, Reuters et Associated
Press, ont décidé de boycotter la couverture de cet événement sportif. Elles suspendent jusqu'à nouvel ordre la publication de textes, photos et vidéos de cette édition, organisée en France.
Internet se trouve au coeur de ce conflit. En effet, l'IRB (International Rugby Board), instance mondiale
de l'Ovalie, veut limiter à 50 (40 pour le temps réglementaire et 10 en cas de prolongation) le nombre de clichés par match que ces médias et leurs clients peuvent publier en direct sur la Toile.
Le but : ne pas dévaloriser les images vendues aux chaînes de télévision avec un Web trop dynamique.
Les sponsors dans l'embarras...
Pour l'Agence France Presse et ses homologues, il s'agit là purement et simplement d'une
atteinte au droit d'informer le public. « Nous pensons que si nous acceptons ce qui constitue une atteinte terrible à la liberté de la presse,
tout le sport finira par être étouffé, encerclé, par des limitations hallucinantes, du type "interdit de prendre un sponsor en photo", etc. », considère Denis Hiault, directeur de la rédaction de l'AFP, sur le site 20minutes.fr.
Ce soir, les discussions sont au point mort. La Rugby World Cup Limited, branche
commerciale de l'IRB qui détient les droits du tournoi, a indiqué dans un communiqué avoir déjà accepté des concessions, en faisant passer notamment de 10 à 50 le nombre de clichés. Elle affirme
vouloir « rester inflexible face à des exigences déraisonnables et des menaces de boycott ».
D'autres médias français se sont joints au conflit. La rubrique rugby du site de
L'Equipe n'affichait, ce jour, aucune photo d'actualité de la Coupe du monde. Idem pour le quotidien
20 Minutes qui limite la couverture « en direct » de France-Argentine au seul résultat.
Du côté des sponsors de l'événement, la situation n'amuse pas non plus. Selon l'AFP,
Orange, qui a déboursé 2,5 millions d'euros pour figurer parmi les partenaires, espère que le conflit sera « résolu au plus
vite » et se dit évidemment « favorable à une couverture maximale de la Coupe du
monde ». La compagnie aérienne Emirates, toujours selon l'AFP, juge le boycott « fort
ennuyeux » puisqu'un sponsor veut, « par nature », faire « parler de sa marque ». A trop vouloir restreindre et contrôler le rôle du
Web, un média pourtant devenu incontournable, les hautes instances du rugby ont visiblement eu tout faux.


Commenter cet article