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Windows 8 : mais que prépare donc Microsoft ?

20 Novembre 2010 , Rédigé par Jean Michel Graveron Publié dans #Actualités Informatique

logo_vista_v2_full-copie.pngWindows 7 est un succès pour Microsoft. On pourrait écrire de longs articles sur les raisons qui ont fait que le système a eu une bonne image, contrairement à son prédécesseur Vista, mais une raison se détache des autres : cette fois, l’éditeur a écouté les demandes, ou du moins a-t-il commencé. La sortie de Windows 7 entraîne naturellement une question très logique : que sera la suite ? Nous vous proposons un résumé de ce que l’on « sait » à l’heure actuelle.

L’usage des guillemets n’est pas de trop dans le cas du prochain Windows, souvent appelé « 8 » ou « next ». Les renseignements obtenus le sont à travers des indiscrétions d’employés, des annonces d’embauches, des descriptifs de postes ou encore des papiers blancs, etc. En l’absence d’une communication officielle de Microsoft, il est impossible d’affirmer quoi que ce soit. En clair : il s’agit d’une tendance générale, et tout reste à prendre avec des pincettes.



turquoise_button.png Des fondations qui devraient réserver quelques surprises

Et la tendance générale de Windows 8 (ou next) est que nous sommes probablement sur le point d’assister à quelque chose de nouveau chez Microsoft. Windows 7 a bien marché sur le plan commercial, mais était loin de représenter une révolution technique. Il a pris le pas de Vista qui avait eu la mission pénible de défricher le terrain avec un ensemble de nouvelles technologies, mais cela s’arrête là. Avec 8, Microsoft pourrait procéder à une première bascule radicale avec un groupe de technologies en gestation depuis longtemps maintenant, comme l'utilisation exclusive du 64 bits.

On sait par exemple que l’API Win32 est condamnée, et que .Net représente l’avenir chez l’éditeur. On sait également que les développeurs ont commencé, avec Vista, à isoler le plus petit dénominateur commun, ce qui a abouti à MinWin dans Windows 7 : il s’agit d’une base autonome représentant « l’essence » de Windows, autrement dit le noyau et les éléments strictement nécessaires au fonctionnement. Ce travail continue, et une interview de Bernard Ourghanlian en 2009, directeur technique et sécurité de Microsoft France, indiquait déjà que l’on s’avançait par exemple vers une coupure définitive entre Internet Explorer et le noyau.



turquoise_button.png La virtualisation, future clé de voûte ?

Il y aura donc une transition, dans laquelle la virtualisation pourrait jouer un rôle très important. Microsoft travaille en effet déjà à la version 3 de son hyperviseur Hyper-V, et il est clair que son rôle va rapidement devenir prépondérant, puisque l’un de ses rôles serait de pouvoir maintenir à jour une machine virtuelle pourtant éteinte. Rien n’empêche d’imaginer par exemple une machine virtuelle dédiée aux applications Win32, tandis qu’une autre sera dédiée à… mais quoi exactement ? Si le but est d’assurer la pérennité de .Net, il serait difficile de ne pas évoquer Midori, le projet maison pour un système d’exploitation en code managé. Il n’y a absolument rien qui empêche Microsoft de travailler à une solution hybride.

Le rôle de la virtualisation serait d’autant plus fort que Microsoft parviendrait à ce qui représente pour la société l’un des Graal de la stabilité : l’isolation des pilotes. L’importance de la chose est déduite de l’impact violent que peut avoir le plantage d’un pilote : un crash du système. Plus le pilote est proche du noyau, plus le risque est grand. Le gain de stabilité de Vista et Windows 7 vient de l’insistance de Microsoft aux développeurs pour la création de pilotes fonctionnant en espace utilisateur pour la grande majorité du matériel, via un kit de développement spécifique. Jusqu’à présent cependant, certains pilotes particuliers, comme ceux des cartes vidéo, ont encore des composants en espace noyau, pour une question simple de performances.

Ce travail est d’autant plus intéressant que plusieurs éléments pointent dans une direction qui n’est pourtant d’ordinaire pas celle de la virtualisation et du code managé : les performances. Exemple avec cette annonce d’embauche et le descriptif de poste qui l’accompagne. Les performances semblent être un enjeu majeur du prochain Windows, et il sera donc intéressant de voir comment l’éditeur va procéder. Cet autre exemple d’offre d’emploi indiquait clairement que l’objectif de Windows 8 était d’être « plus rapide, plus petit et plus réactif que Windows 7 ». Après tout, Windows 7 est le premier système de Redmond à donner cette impression vis-à-vis de son prédécesseur. Un élément auquel les utilisateurs s’habituent à la vitesse de la lumière et qui devient rapidement considéré comme « normal ».



turquoise_button.png Interface : les paris sont ouverts

Un changement important de base technique pourrait, et en fait devrait, s’accompagner d’un changement d’interface. Ce n’est pas la première fois que nous abordons le sujet, mais les signes n’en finissent plus de braquer des projecteurs sur la question. En avril, Microsoft recherchait par exemple un concepteur sénior d’expérience utilisateur, dont l’une des missions serait de jeter un pont entre les éléments d'interface Win32 et les capacités de Silverlight. Dans le profil LinkedIn d’Ikrima Elhassan, ingénieur chez Microsoft, on lit qu’il travaille actuellement sur des composants de Windows 8 via Silverlight et WPF (Windows Presentation Foundation). Il existe d’autres exemples de ce type, et tous se concentrent sur un thème particulier.

Microsoft serait donc en train de travailler sur une nouvelle interface, et plus globalement, une nouvelle manière d’utiliser l’ordinateur. Bien sûr, c’est très vague, mais la société ne cache plus son intérêt pour les NUI (Natural User Interface), et le Kinect en est un bon exemple. Le terme interface réunit essentiellement deux concepts : l’utilisation elle-même, et les technologies qui servent de fondations. Là encore, divers éléments montrent que les anciennes technologies risquent fortement de se retrouver reléguées au fond d’un placard. La GDI pourrait être enfin abandonnée, le rôle de Direct2D et de Silverlight pourrait devenir majeur, et WPF n’a visiblement pas dit son dernier mot.

Quand on chasse les informations sur Windows 8, un élément ressort régulièrement : l’enthousiasme des employés travaillant sur le projet. Ce n’est pas quelque chose d’habituel, et le plus approchant serait finalement l’époque de la conception de Vista. Une communication particulièrement mal dirigée chez Microsoft avait fait exploser le compteur d’informations sur tout ce qui était prévu. Au final, bien des prévisions avaient dû être abandonnées, et c’est à l’occasion de la sortie de Vista que Steven Sinofsky avait repris la division Windows d’une main de fer… entraînant une rupture brutale du robinet. Mais cela n'empêche pas certains de déclarer de but en blanc que Windows 8 sera « complètement différent ».

Dans le cas de Windows 8, on retrouve la même tendance qu’avec le précédent système : Microsoft ne dit rien, ou quasiment rien. Mais il ne faut pas oublier qu’une seule année s’est écoulée depuis Windows 7. La firme n’a pas pour habitude de communiquer si tôt sur la version suivante, surtout quand cela peut influencer les ventes du système actuel, qui sont d’ailleurs excellentes. Nous n’aurons sans doute rien avant au moins six mois, mais d’ici là, les signes et les petites informations continueront de s’amonceler.

 

Source-PCinpact.png


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