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Carte graphique externe pour portables : une bonne idée à améliorer

29 Décembre 2008 , Rédigé par Jean Michel Publié dans #Actu Matériel informatique

Le gain de performances du Graphic Booster est réel, mais le boîtier est perfectible et sa pérennité n’est pas assurée.

La promesse
On l'a vu dans l'actualité 01.Net, le Graphic Booster est une solution séduisante pour préserver la portabilité des laptops sans rogner sur les performances en mode sédentaire. Penchons-nous un peu sur ce curieux boîtier, ses caractéristiques, ses performances et surtout, sur le futur de cette solution.



La réalité
Petit rappel technique: le Graphic Booster est un boîtier externe qui intègre une carte graphique performante et se branche sur les ordinateurs portables via un nouveau port créé à cet effet, qui n'est ni plus ni moins qu'un PCI Express 2.0 x8. Cette technologie a été développée par ATI et le premier et seul partenaire pour l'instant est Fujistsu-Siemens.

L'unique portable du marché pourvu de cette prise est le Fujistsu-Siemens Amilo SA 3650, machine sortie en milieu d'année. Selon Patrice David, responsable des divisions mobiles et plateforme d'AMD, «d'autres constructeurs sont en train de se pencher sur cette solution». Nul doute qu'ils attendent de voir avant de se lancer.

Design et connectivité convenables
Qu'on l'aime ou qu'on la déteste, Fujitsu-Siemens possède sa griffe en matière de design. Elle a ici été logiquement appliquée au Graphic Booster, petit bloc blanc cerclé de noir. La marque a en revanche adoucit ses angles, contrastant légèrement avec les lignes tranchées de l'Amilo SA 3650. 


Sans être une œuvre d'art, le module est bien fini et agréable au toucher. Equipé de ports DVI et HDMI, il dispose aussi deux ports USB qui pourront aussi bien servir à brancher souris et clavier -si on pousse la logique de la station d'accueil- mais sont tout aussi bien capables de recevoir un disque dur auto-alimenté.


Un gros gain de performances
Sur la boîte, Fujitsu-Siemens annonce un gain de puissance de 470% par rapport à la puce graphique ATI Radeon 3430 intégrée dans le portable. Et pour une fois, les sonnettes du marketing n'ont pas gonflé les chiffres: sous 3DMark 2006, la puce intégrée fait 1602 points tandis que le Graphic Booster, avec son ATI Radeon 3870, fait 7291 points. Soit un gain de plus de 450%.


Ce cela donne quoi en pratique? Tout simplement une expérience de jeu largement supérieure. Sur notre écran 22 pouces d'une résolution de 1680x1050 pixels, tous détails au maximum, le jeu est lent et désagréable à jouer sur la puce de base, parfaitement fluide et jouable avec le Graphic Booster. Ça se passe de commentaires.


Comment utiliser ce boîtier?
Si AMD-ATI et Fujitsu-Siemens sont les premiers à mettre une carte graphique de cette classe dans un boîtier externe (il existe déjà des cartes graphiques en USB aux performances limitées), le principe rappelle furieusement celui du dock: on arrive chez soi, on branche le boîtier afin d'utiliser le laptop comme une tour gérant un écran

externe, un vrai clavier et une vraie souris.


Un dispositif perfectible
La sauce prend-elle? Le bilan est mitigé: si le gain de performances est réel, si le dispositif est au point techniquement, plusieurs écueils se dressent sur le chemin de sa réussite. Premièrement, le dispositif pourrait être mieux pensé. On imagine bien volontiers un socle sur lequel on enfiche le portable -le tout se transformant en tour. Ce serait plus discret, plus pratique et plus esthétique qu'un boîtier à poser à côté.
N'en déplaise à Fujitsu-Siemens, de nos jours, design et intégration conditionnent grandement la réussite des produits. On sait que les stations d'accueil n'ont jamais pris chez le grand public: peut-être les technologies sont-elles au point, peut-être la tendance est-elle plus favorable. Peut-être pas.


Pérennité impossible à prédire
Ensuite, Fujitsu-Siemens est un «petit acteur majeur» dans le domaine des ordinateurs portables et il est pour l'instant le seul à avoir sorti une plate-forme exploitant cette technologie. Si un «grand» comme Dell, HP, voire Sony ou Acer, avait été le premier dessus, cela aurait eu un effet rassurant -sans pour assurer sa réussite bien sûr. Même si c'est une marque sérieuse, Fujitsu-Siemens, seul, n'a pas les reins assez solides pour imposer ce «standard». 


Ajoutons à cela le contexte difficile et le fait que les poids lourds du secteur des puces que sont Intel et Nvidia ne sortent rien de tel et ne communiquent en rien sur une solution similaire. Si on se doute bien qu'ils n'auraient aucun souci à suivre AMD-ATI, ils ne donnent aucun signe de vouloir le faire.


Le verdict
L'idée est bonne et techniquement au point: AMD a eu du mal à présenter sa solution mais elle marche bien. Il ne reste que deux gros défis à surmonter: travailler sur une intégration plus poussée et plus pertinente de la version existante de la part de Fujitsu-Siemens, et convaincre l'industrie que la station d'accueil a évolué et que ça va marcher. Un challenge de taille...




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