Le magnétoscope numérique vient de perdre un troisième procès contre une grande
chaîne de télévision. Il était poursuivi par TF1 pour parasitisme commercial.
Lancé durant l'été 2008, le bouquet de chaînes disponible depuis le magnétoscope en ligne
Wizzgo se réduit comme peau de chagrin. Le service vient de subir deux nouveaux revers judiciaires. TF1 et NT1 (une chaîne du groupe AB dont TF1 est
actionnaire) ont obtenu du tribunal de grande instance de Paris l'interdiction de l'enregistrement de leurs programmes depuis Wizzgo. Métropole Television
(M6 et W9) et plus récemment France
Télévisions (France 2, France 3, France 4 et France 5) avaient déjà fait condamner la société pour concurrence déloyale et
parasitisme commercial. Au total, ce sont donc huit chaînes qui vont disparaître des grilles de programmation de Wizzgo dans les jours qui viennent.
« C'est vrai que cela enlève une partie importante du service, reconnaît Jérôme
Taillé-Rousseau, cofondateur de Wizzgo. Mais cela ne signifie pas que nous allons nous arrêter ». La jeune
société envisage de faire appel de ces condamnations. Parallèlement, elle attend une décision de justice le 25 novembre prochain, sur le fond, dans l'affaire qui l'oppose à Métropole
Television. Le tribunal devra se prononcer sur deux points : l'activité de la société est-elle légale et le service d'enregistrement proposé relève-t-il de la copie privée ?
Wizzgo veut rebondir
L'avenir de Wizzgo n'est pas suspendu pour autant à ces décisions de justice. « Nous
travaillons depuis plusieurs semaines à d'autres solutions, indique Jérôme Taillé-Rousseau, qui pourraient voir
le jour avant le début de l'année prochaine ». D'autres chaînes pourraient également faire leur apparition sur le service.
Pour l'instant, les démêlés judiciaires de Wizzgo ne semblent pas avoir eu le même impact sur les concurrents. Car depuis mai dernier,
d'autres acteurs ont investi le secteur comme le pure player Recordme.tv, lui-même fournisseur du service de magnétoscope numérique du « Nouvel Obs ».
« A la différence de Wizzgo, les éléments enregistrés sur TeleObs ne sont pas stockés sur l'ordinateur de l'internaute. Ils
sont accessibles depuis le site en streaming, commente Alexandre Boussageon, responsable de TeleObs. Notre
prestataire a fait le nécessaire auprès des sociétés d'auteurs ».
Contrairement à Wizzgo, TeleObs est un service payant. Après avoir bénéficié d'une période d'essai gratuite (limitée à
trois enregistrements), l'internaute devra s'acquitter par Audiotel d'un montant de 1,80 euro par semaine. Chaque forfait hebdomadaire donne le droit à un maximum de
douze enregistrements. Bizarrement, le prestataire de TeleObs, Recordme.tv, fournit gratuitement ses propres services pendant toute la période de bêta test, soit encore une soixantaine de
jours. Au-delà, il devrait mettre en place des forfaits mensuels.
Les chaînes de télévision qui s'évertuent à développer des services de catch-up
tv (comme M6 Replay) voient d'un mauvais oeil l'arrivée de ces concurrents. Sur TeleObs comme sur Recordme.tv, les programmes de M6 ne sont plus
disponibles à l'enregistrement. Pour Metropole Television, et malgré les explications des responsables de ces services en ligne, « les modèles
juridiques de ces sites sont similaires à celui de Wizzgo ». Les intéressés sont prévenus.
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Par Jean Michel
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Publié dans : Actualités Informatique